Guy Tillim, ce qui choque peut-il être beau?

Guy Tillim, Avenue patrice Lumumba
Non non, c’est sûr, je n’utiliserai pas par la phrase dégoulinante dont nous resservent à coup sûr tous les critiques et descriptifs photographiques…. “Loin des clichés misérabilistes….”
La Fondation Henri Cartier Bresson expose pour la première fois les œuvres du photographe contemporain sud africain Guy Tillim. 2 étages, 2 projets photographiques:
L’un “Avenue Patrice Lumumba”: Photographies de rues, de bâtiments, de parc. Très peu d’hommes. Des tableaux silencieux, vides où planent la nostalgie Lumumba. L”impression que laisse cette série est la douceur, inspirée par ses couleurs et sa luminosité pastelles. Troublante errance.
L’autre “Jo’Burg”, série plus ancienne (2004), plus contrastée, plus violente, centrée sur l’homme cette fois-ci, dans son environnement immédiat, les no-mans land de Johannesbourg. Beau et dénonciateur.
2 série bien différentes, et j’ai été personnellement éblouie par la deuxième (toujours mon penchant pour la dénonciation) mais la première donne envie d’y revenir…
Dans les deux cas, ce qui m’a le plus plu? Sa façon de capter la lumière: Parfois diffuse dans un ensemble pastel, parfois concentrée dans un faisceau qui perce dans un couloir sombre et sale ou parfois illuminant un regard fuyant, toujours intense… pour des photos d’une violente beauté.
Mais au final, je me pose toujours cette question: qu’est-ce qui fait que ce qui nous choque peut être dans le cadre artistique rendu comme beau (avec un grand B; rien à voir avec l’esthétisation factice de la misère…genre, Slumdog millionnaire)? Est-ce que voir le “beau” en tant que spectateur, nous déculpabilise de la tristesse présente parfois dans le monde (je me suis d’ailleurs poser la question pour Re: Slumdog millionnaire dont l’engouement m’a, j’avoue, laissée perplexe!)?
Perso, je l’ai déjà dit, mais j’aime quand la violence devient création…
Info pratiques:
- Exposition Guy Tillim, du 13 janvier au 19 avril 2009, Fondation Henri Cartier Bresson, 2 impasse Lebouis, Paris 14, métro Gaité;